Lutte contre le bois illégal : L’ANCE demande au gouvernement de mettre en place un système de traçabilité du bois au Togo

Depuis deux ans, l’ANCE met en œuvre un projet visant à lutter contre le trafic illégal du bois, l’appui à l’application de la loi sur la faune et la flore et l’arrestation des trafiquants de bois. Au Total 10 trafiquants de bois ont été arrêtés et emprisonnés et condamnés à des peines maximum. L’ANCE réoriente la campagne sur la mis en place d’un système de traçabilité du bois au Togo
La campagne pour la lutte contre le trafic illicite du bois au Togo a connu malgré le peu de ressources, des résultats extraordinaires. Au total, dix (10) trafiquants de bois illégal ont été arrêtés, emprisonnés et condamnés à des peines maximum. En outre, on a connu plusieurs mutations d’agents administratifs en charge de la gestion forestière au Togo. Il en est ainsi du directeur des ressources forestières qui a été remercié et rayé de l’administration publique, trois directeurs régionaux dans les trois zones forestières du pays qui ont été également remercié ainsi que les directeurs préfectoraux des zones forestières. Ce résultat est extraordinaire en moins de deux ans de mise en œuvre du projet. En outre, le gouvernement a été contraint de conduire une enquête nationale sur le trafic du bois au Togo et plusieurs centenaires du bois illégal ont été saisis et entreposés à Lomé depuis plusieurs mois. Le gouvernement a enfin adopté en conseil des ministres une mesure de suspension du faux teck (Pterocarpus Erinaceus) pour une période de 10 ans.
Mais loin d’être satisfait par ces résultats extraordinaires, l’ANCE estime qu’au lieu de focaliser son attention sur les individus, le gouvernement devrait plutôt changer les systèmes et les procédures existantes et demande au gouvernement de mettre en place un système de traçabilité du bois au Togo.
En effet, il existe un certain nombre de procédures et de documents permettant d’obtenir une certaine traçabilité des produits forestiers exportés depuis le Togo. Néanmoins, le système actuel de traçabilité présente des faiblesses, que ce soit au niveau des procédures mises en œuvre, des supports techniques, de la gestion des données, de la collaboration entre les différents acteurs impliqués dans le contrôle ou des capacités de certains de ces acteurs. Il existe un certain nombre d’étapes critiques où la trace du bois semble se perdre. De plus, une césure existe entre la traçabilité en amont (avant transformation) et la traçabilité en aval (après transformation). Le système actuel ne permet donc pas de garantir l’origine légale des produits destinés à l’exportation.
L’ANCE-Togo, qui est une ONG de développement, à Statut Consultatif Spécial des Nations Unies, demande au gouvernement d’entreprendre des démarches auprès de l’Union Européenne en vue de son adhésion formelle au processus FLEGT, comporte des exigences en matière de traçabilité des produits forestiers puisqu’il oblige à la définition d’un Système d’Assurance de la Légalité (L.A.S.). Le gouvernement doit demander officiellement l’ouverture des négociations FLEGT en vue d’aboutir à un Accord de Partenariat Volontaire (APV) qui ne permettra l’importation en Europe que de bois d’origine légale.

Le but d’une telle démarche est d’améliorer la gouvernance dans le secteur forestier et soutenir la mise en œuvre effective de dispositifs de lutte contre l’exploitation illégale des bois. Spécifiquement, cette démarche permettra de mettre en place un système de traçabilité des bois et produits forestiers ligneux à l’échelle du Togo permettant la certification de la légalité. Ce système permettra d’éviter le blanchiment de bois d’origine illégale et de supprimer ou de réduire fortement les débouchés qu’offrent encore aujourd’hui les marchés européens au bois illégal.

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