Promotion du genre et eau

Le droit à l’eau permet à chaque individu d’avoir suffisamment accès à l’eau et l’Etat est sensé être responsable de réaliser ce droit pour tous sans aucune discrimination et sur une base non lucrative. Le mouvement pour la justice mondiale de l’eau oblige l’ONU à aborder le sujet du droit à l’eau ; mais ce sujet n’est pas encore inscrit dans une convention intégrale de l’ONU. Au Togo, l’égalité entre les sexes et le droit à l’eau sont reconnus d’une manière indirecte ; mais pas par la loi.

Moins de 35% de la population togolaise ont une source d’eau potable ; les femmes représentent 51,3% de la population togolaise. Aucune solution durable à la crise de l’eau au Togo ne pourrait être trouvée sans l’implication des femmes dans la prise de décisions. Au Togo comme dans de nombreux pays, les femmes sont les gardiennes de l’eau. Elles sont chargées d’approvisionner les familles et les communautés en eau. Elles ont besoin de participer plus efficacement à la prise de décisions sur la façon dont l’eau est utilisée et gérée, afin que leurs pays puissent se servir pleinement de leurs connaissances, leurs compétences et de leurs contributions. Pourtant, la plupart des décisions concernant l’eau – que ce soit dans les communautés locales ou au niveau mondiale – continuent d’être prises par les hommes.

Les Objectifs

Le but du projet est d’impliquer les femmes et les activistes des droits de l’homme et de la femme dans la campagne et s’assurer que cette campagne porte sur les différences de participation et de prise de décision dans l’utilisation et la gestion de l’eau.

Les activités réalisées

Les activités réalisées sont réparties en 4 phases:

Phase 1: Atelier initial

L’ANCE a organisé le 25 Mai 2010 un atelier de renforcement des capacités des acteurs sur le concept « genre et eau». Le but de l’atelier est d’impliquer les femmes et les activistes des droits de l’homme et de la femme dans la campagne et s’assurer que la campagne porte sur les différences de participation et de prise de décision dans l’utilisation et la gestion de l’eau.

Phase 2: Analyse approfondie

Cette phase a consisté à la réalisation de quatre (4) études sectorielles à savoir l’étude sur le genre et l’eau au Togo, l’étude des aspects sanitaires du secteur Eau et Assainissement, l’étude sur les barrages et l’accès à l’eau eu Togo et l’étude juridique du droit à l’eau au Togo. Les résultats des différentes études réalisées ont été compilés dans un seul document.

Phase 3: Atelier à mi-terme et plan de travail

Au cours de cette phase, un atelier a été organisé le 28 Février 2011 et a permis de valider les différentes études réalisées compilées en un seul document et d’adopter un plan d’action des ONG sur le droit à l’eau au Togo pour la période 2011-2015. Le but du plan est de promouvoir le droit et l’accès à l’eau potable et à l’assainissement au Togo par l’intégration du genre.

Phase 4 : Atelier d’évaluation final et de suivi

Un atelier d’évaluation du plan d’action des OSC sur le genre et l’eau au Togo a été organisé le 02 septembre 2011 afin de procéder à l’évaluation des différentes actions des différents acteurs de la société civile sur la question du genre et de l’eau au Togo, de rassembler les conclusions et les difficultés rencontrées par chaque acteur et de procéder à une mise à jour spécifique du plan d’action pour l’avenir.

Résultats obtenus

Le projet a permis de renforcer les capacités des acteurs togolais sur le droit à l’eau. Ils ont bien appréhendé le concept « genre et eau » ont affirmé leur disponibilité à œuvrer pour promouvoir le concept dans leur organisation et aussi à partager les informations et enseignements reçus avec d’autres groupes.

Le rapport d’étude constitue une base de données sur le genre et l’accès à l’eau au Togo qui sera utile à tout acteur qui souhaiterait intervenir dans le domaine. En le parcourant, on se rend compte de l’insuffisance des investissements dans le domaine de l’eau potable et l’assainissement et de l’intégration du genre dans les structures décisionnelles.

Grâce au projet, les différents acteurs ont pu ressortir les actions que leurs organisations ont menées sur le terrain et les difficultés qu’elles ont rencontrées. Les difficultés que rencontre le Gouvernement à répondre au problème de l’eau et de l’assainissement au Togo a été mises en relief et les différents acteurs se sont engagés à faire des efforts pour apporter leur contribution dans la résolution de ce problème. Les efforts se feront par la prise en compte du genre dans les actions des OSC. Les réponses aux questions contenues dans le questionnaire d’évaluation ont permis de mesurer l’importance et le rôle capital qu’ont joué ces différents ateliers dans la réalisation de leurs objectifs.

Par ailleurs, un plan d’action des ONG sur le droit à l’eau au Togo qui couvre la période de 2011-2015 a été adopté. Ce plan vise à promouvoir le droit et l’accès à l’eau potable et à l’assainissement au Togo par l’intégration du genre.

Leçons apprises

Beaucoup de leçons ont été apprises à travers la mise en œuvre du projet à savoir :

√ Les questions de genre sont très complexes et pour les aborder avec succès, il convient d’adopter un langage très simple accessible à tous ;
√ Le genre n’est pas suffisamment pris en compte dans les structures décisionnelles et la gestion des ressources en eau au Togo ;
√ Le droit à l’eau n’est pas explicitement reconnu par les divers textes nationaux ;
√ Les investissements dans le domaine de l’eau potable et l’assainissement demeurent insuffisants malgré les efforts du gouvernement, eu égard aux besoins identifiés.
√ Des actions peuvent être menées auprès de l’Assemblée Nationale pour revoir à la hausse des éléments la ligne budgétaire annuelle du Togo liée à l’eau et à l’assainissement;